Paul Cayard à Propos des Régates en Italie

'Cayardini' Muses On Upcoming Italian Events © SANDER VAN DER BORCH / ARTEMIS RACING


Le patron polyglotte d’Artemis Racing, Paul Cayard (USA) - qui parle couramment français et italien -, entretient une relation spéciale avec l’Italie. C’est un pays qu’il adore et ce sentiment est réciproque.

Lorsqu’il était skipper à bord d’Il Moro di Venezia, lors de la campagne de Raul Gardini pour l’America's Cup en 1992, son ami et son mentor Tom Blackaller l’avait surnommé 'Paolo Cayardini', en raison de son affinité particulière avec le pays, l’équipe et ses nombreux fans.

Jeudi matin, Paul Cayard s’est entretenu pendant plus d’une heure, dans un italien courant, avec un large contingent de journalistes italiens, en vue des AC World Series qui se disputeront à Naples dans moins de deux semaines, puis à Venise en mai.

Il leur a notamment confié qu’il avait déjà régaté à Naples dans les années 1980, lorsqu’il avait remporté la One Ton Cup – alors qu’il célébrait ses 30 ans – aux côtés de Pasquale Landolfi. Il considère que Naples est un bon site pour régater grâce à la brise thermique stable d’une dizaine de nœuds.

Pour lui, même avec des vents modérés, les régates en AC45 seront spectaculaires comparées à celles à bord des anciens monocoques, d’autant plus sur des parcours ultra compacts conçus pour générer le plus d’action possible sur l’eau.

"Les catamarans sont deux fois plus exigeants avec moitié moins d’équipiers à bord qu’auparavant. Les parcours sont délimités, ce qui oblige les équipages à enchaîner les virements et les empannages pour plus d’intensité. Ceci explique que les équipages sont plus jeunes et plus athlétiques. Je me réjouis du changement même si je ne suis pas à bord."

Le célèbre navigateur franco-américain explique que c’est cette intensité, générée par la vitesse, l’action et les parcours compacts prévus pour durer entre 30 à 40 minutes, qui rend le nouveau circuit des AC World Series si attractif.

"Il s’agit d’un nouveau concept qui évolue, d’une toute nouvelle America’s Cup, avec des bateaux rapides lancés autour de parcours visibles par tout le public à terre," dit-il. "Ce nouveau format attire de nouveaux fans. Des bateaux réactifs qui participent à de petites courses séduisent un nouveau public qui suivra sur place une régate de 30 minutes."

"La Voile est en pleine évolution," analyse-t-il "Le monde aussi a évolué. C’est ce qui rend la vie plus intéressante. Certains disent que la Coupe n’est plus ce qu’elle était et qu’elle ne devrait pas se disputer à bord de catamarans. Mais là n’est pas le problème. Nous devons aller de l’avant, mettre à profit les avancées technologiques et vivre avec notre temps… Le monde entier est à la recherche de nouvelles émotions et l’America's Cup suit cette tendance."

A propos de l’événement de Venise en mai, Paul Cayard ajoute, "Venise a une place spéciale dans mon cœur.  Il Moro di Venezia y avait été mis à l’eau pour la première fois et j’ai de fantastiques souvenirs là-bas entre 1990 et 1992."

Il explique que les régates des AC World Series dans la lagune vénète constitueront un sacré défi pour les équipes et  que le spectacle sera au rendez-vous.

"Régater à Venise sera très physique. C’est un plan d’eau un peu moins régulier que celui de Naples. Mais c’est comme dire que le GP Monaco est différent de celui de Monza.

"Venise et Naples sont deux sites très différents. A Venise, il y a beaucoup de courant et la brise est plus instable. Le public en prendra plein les yeux, ce sera magique d’y régater. Tous les équipages seront à égalité. C’est une occasion unique pour le public d’assister de si près aux régates. Ce sera fascinant."

- Peter Rusch