LE PRE-DEPART
Le pré-départ est la phase la plus excitante de la régate et souvent la plus difficile à comprendre. Cette phase précédant le départ offre la première opportunité à l’une des deux équipes de prendre l’ascendant sur son adversaire. Gagner cette phase est donc primordial. Mais franchir la ligne de départ en tête est sûrement moins important que de partir du bon côté, ou bien d’avoir la possibilité de virer de bord et de contrôler rapidement son adversaire.
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Au cours de la Louis Vuitton Cup 2002-2003, le premier bateau à franchir la ligne de départ n’a remporté la régate que 51% du temps. Dans 9% des cas, les deux équipes ont franchi la ligne dans la même seconde. Enfin, dans 40% des régates, le deuxième bateau à franchir la ligne de départ s’est imposé au terme de la course.
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Quel côté du parcours doit être protégé ?
Chaque jour, pendant le remorquage vers la zone de course, chaque équipage pense à son adversaire du jour. Que s’est-il passé lors de leurs dernières rencontres ? Quelles sont les forces et les faiblesses de l’équipe adverse ? Les conditions du jour nous seront-elles favorables ? Notre skipper saura-t-il imposer sa loi ? L’équipe est-elle fatiguée ? Avons-nous embarqué les bonnes voiles ? Tel est le genre de questions que se posent la cellule arrière chaque matin. Ensuite, il faut penser à la météo. La grande question pour chaque équipe avant le départ est de savoir de quel côté le vent basculera en premier juste après le départ. Alors seulement, l’équipage saura quel côté il faudra protéger.
Black-out des communications
Le premier coup de canon, dix minutes avant le départ, correspond au signal d’attention. L’équipage ne dispose plus que de cinq minutes pour se débarrasser des voiles et de l’équipement superflus et de collecter les toutes dernières informations météo avant d’être coupé du reste de l’équipe. Au coup de canon des cinq minutes, plus aucune assistance extérieure n’est autorisée.
Dominer l’adversaire
Une fois les questions tactiques et stratégiques en partie élucidées, l’équipage pénètre dans la zone de départ dans les secondes qui suivent le coup de canon des cinq minutes. Pour faciliter le suivi des concurrents, le voilier entrant par la droite, du côté du bateau comité, porte dans la jupe arrière un pavillon jaune, tandis que le voilier qui s’élance du côté gauche, arbore un pavillon bleu. Les cinq minutes qui précèdent le départ, baptisées phase de pré-départ, offrent la première possibilité à chaque concurrent de prendre le dessus sur son adversaire dans un enchaînement de manœuvres. Le but du pré-départ est évidemment de s’élancer du bon côté par rapport à son adversaire mais aussi, lors des phases de contact, de tenter d’infliger à l’autre une pénalité tout en évitant d’en prendre une.
Le but ultime de tout barreur d’un Class America
Juger le temps et la distance lors de l’approche finale de la ligne de départ, avec pour seul objectif de franchir la ligne au coup de canon, est une des phases les plus difficiles pour un barreur. S’il franchit la ligne en avance, il devra revenir la passer et perdra beaucoup de temps. S’il la franchit trop tard, son adversaire peut en profiter pour prendre immédiatement le contrôle de la course.
Un seul bateau s’empare de la gauche ou de la droite
Au coup de canon, les deux voiliers s’élancent en même temps pour remonter au près vers la marque au vent. Cela pourrait paraître simple. En réalité, les deux équipages ont établi une stratégie qui consiste à s’élancer sur la droite ou la gauche de son adversaire. Au final, un seul aura la droite, et l’autre la gauche du parcours. Et comme le vent basculera dans une seule direction après le départ, celui qui aura choisi le bon côté bénéficiera de cette première rotation et pourra prendre un premier avantage sur son adversaire.
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